
Solène Ferreira est candidate au doctorat en sciences des religions à l’Université du Québec à Montréal sous la direction de Chiara Letizia, en cotutelle avec l’Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris, au CESAH en anthropologie sociale et ethnologie, sous la direction d’Olivia Aubriot.
Le titre provisoire de sa thèse est : » Suivre le grain de riz : pratiques technico-rituelles, culte du śāktasampradāya et identité pahāṛī en Himalaya Indien « .
Ce projet de recherche interroge en quoi le système technico-rituel de la riziculture pluviale et de ses cultures associées en Uttarakhand révèle une modalité singulière d’habiter la montagne, représentatif d’une identité pahāṛī en zone de marge de l’État. En abordant ce système agricole d’altitude comme un fait social total, la recherche vise à comprendre comment les pratiques agricoles et l’identité des populations se co-construisent dans cet espace de marge frontalière, historiquement structuré comme une zone de refuge. Pour répondre à cette problématique, le projet entend reconstituer et ethnographier l’intégralité de la chaîne opératoire en « suivant le grain de riz pluvial », analyser la présence du culte de la déesse, śāktasampradāya, et expliquer la superposition spatiale entre son culte et les marges de la Zomia en Inde, afin de comprendre ce qui caractérise cette identité pahāṛī. La démarche repose sur une enquête ethnographique qualitative (observation participante, entretiens semi-dirigés et analyse de textes) menée durant un cycle agricole complet au sein de deux villages situés dans les vallées de la Pindar et de Katyur.